L’AFRIQUE ET SES PAYS

Mais pourquoi l’Afrique ? Qu’est ce qui me pousse inexorablement vers ce continent, au point que je me sens être Noir moi-même, de comprendre instantanément certaines choses comme si j’étais des leurs ; au point de choisir pour femme une africaine, au point de tout lâcher ici en France pour aller m’installer là-bas et ne plus en revenir ? Je parle de l’Afrique subsaharienne, celle que l’on dit « noire », celle des tribus, des masques, des marabouts, des femmes aux boubous multicolores, aux bracelets et aux fesses sublimes, au port altier à l’élégance naturelle sans forcer, des femmes aux cambrures rêvées qui sont comme des creux où l’on aime irrésistiblement se blottir ; celle de ces hommes aux pieds nus et aux yeux si profonds, remplis de cette sagesse du temps qui passe et contre lequel on ne peut rien.

L’Afrique de ces peaux noires aux mille reflets, jamais les mêmes parce que la lumière n’est jamais la même, cette Afrique vaste comme l’amour que j’ai pour elle. Je parle aussi de l’Afrique qui bouge, qui avance ; celle des artistes et des créateurs, des entrepreneurs. Cette Afrique qui se lève, qui prend conscience d’elle-même, de toutes ses possibilités. Du Sénégal à la Somalie, de la Mauritanie au Mozambique en passant par le Niger, partout là bas il me semble que je suis chez moi. Je ressens ce continent au plus profond de ce que je suis. Est-ce parce que je suis né près de Marseille, port et porte de l’Afrique ? Quand j’étais adolescent je me rappelle avoir passé de longs moments sur les quais de la Joliette à regarder les paquebots venus de Corse ou d’Afrique du Nord ; j’imaginai des tas d’histoires en voyant les passagers et leurs monceaux de bagages, je rêvai éveillé.

Tout cela ne m’a pas quitté : j’aime toujours aujourd’hui autant les ports, les bateaux, les océans. Je montai aussi à Notre Dame de la Garde pour regarder, muet et tout en songes, la rade de Marseille, ses bateaux posés sur l’horizon comme autant de désirs de départs vers une Afrique que je pressentais si proche que j’aurai pu la toucher. Je n’étais pas à l’âge de tout comprendre (à quel âge comprend on tout ?…), je ne saisissais pas tous les méandres de cette irrépressible attirance mais la félicité qui m’envahissait dans ces moments là n’avait pas besoin de mots. Une félicité qui est plus que jamais en moi.

Mais la Provence n’est pas l’Afrique… Mon enfance passée au milieu des pins, de la garrigue et des chantantes cigales ; le pastis à l’accent lyrique, la daube aux parfums de thym, de romarin…. Les tomates farcies et les treize desserts, les champs de lavande et l’huile d’olive… Tout cela n’a pas grand-chose à voir avec l’Afrique. Je ne vois que le soleil brûlant avec la chaleur étouffante qui l’accompagne et la mer bleue, salvatrice, guérisseuse de tant de maux pour points communs. Et encore. Pas de Noirs dans ma famille. Une famille heureusement sans une once de racisme, ce qui a permis à mon goût pour ce continent de se développer tranquillement, à l’ombre de tout le reste ; un peu à l’image d’une plante que l’on arrose avec amour à l’écart de toutes les autres. Ma famille n’a rien à voir avec mon attirance africaine, rien. N’en parlons plus.

Comment tout cela a-t-il commencé ? Par quel bout tirer le premier fil ? Et n’y a-t-il qu’un fil ? Il faut que j’essaie de me souvenir de quelque chose de cette naissance.

Deux textes magnifiques pour célébrer la femme noire. Le premier est sans doute le plus connu, il est signé de Leopold Sedar Senghor qui fut écrivain, poète et président du Sénégal. Il s’intitule tout simplement “Femme noire”.

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J’ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux
Et voilà qu’au coeur de l’Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair d’un aigle
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui faislyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délices des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

Le deuxième est plus discret dans les mémoires. Il a été écrit par Blaise Cendrars, poète et grand voyageur, bourlingueur devrais je dire tant ce mot lui colle plus à la peau. Voici un texte écrit alors qu’il était au Sénégal. Il s’intitule “Les boubous”.

Oh ces négresses que l’on rencontre dans les environs du village nègre chez les trafiquants qui aunent la percale de traite
Aucune femme au monde ne possède cette distinction cette noblesse cette démarche cette allure ce port cette élégance cette nonchalance ce raffinement cette propreté cette hygiène cette santé cet optimisme cette inconscience cette jeunesse ce goût
Ni l’aristocrate anglaise le matin à Hydepark
Ni l’Espagnole qui se promène le dimanche soir
Ni la belle Romaine du Pincio
Ni les plus belles paysannes de Hongrie ou d’Arménie
Ni la princesse russe raffinée qui passait autrefois en traîneau sur les quais de la Néva
Ni la Chinoise d’un bateau de fleurs
Ni les belles dactylos de New-York
Ni même la plus parisienne des Parisiennes
Fasse Dieu que durant toute ma vie ces quelques formes entrevues se baladent dans mon cerveau

Chaque mèche de leurs cheveux est une petite tresse de la même longueur ointe peinte lustrée
Sur le sommet de la tête elles portent un petit ornement de cuir ou d’ivoire qui est maintenu par des fils de soie colorés ou des chaînettes de perles vives
Cette coiffure représente des mois de travail et toute leur vie se passe à la faire et à la refaire
Des rangs de piécettes d’or percent le cartilage des oreilles
Certaines ont des incisions colorées dans le visage sous les yeux et dans le cou et toutes se maquillent avec un art prodigieux
Leurs mains sont recouvertes de bagues et de bracelets et toutes ont les ongles peints ainsi que la paume de la main
De lourds bracelets d’argent sonnent à leurs chevilles et les doigts de pieds sont bagués
Le talon est peint en bleu
Elles s’habillent de boubous de différentes longueurs qu’elles portent les uns par-dessus les autres il sont tous d’impression de couleur
et de broderies variées elles arrivent à composer un ensemble inouï d’un goût très sûr où l’orangé le bleu l’or ou le blanc dominent
Elles portent aussi des ceintures et de lourds grigris
D’autres plusieurs turbans célestes
Leur bien le plus précieux est leur dentition impeccable et qu’elles astiquent comme on entretient les cuivres d’un yacht de luxe
Leur démarche tient également d’un fin voilier
Mais rien ne peut dire les proportions souples de leur corps ou exprimer la nonchalance réfléchie de leur allure

(Photographies : en haut Danse Klama, Ghana. Au centre : Femme himba. Clichés National Geographic)

LE SENEGAL

Le Sénégal se situe à l’avancée la plus occidentale du continent africain dans l’Océan Atlantique, au confluent de l’Europe, de l’Afrique et des Amériques, et à un carrefour de grandes routes maritimes et aériennes.

D’une superficie de 196 722 km2, il est limité au nord par la Mauritanie, à l’est par le Mali, au sud par la Guinée et la Guinée Bissau, à l’ouest par la Gambie, et par l’Océan Atlantique sur une façade de 500 km.

Dakar (550 km2), la capitale, est une presqu’île située à l’extrême Ouest.

La population du Sénégal compte 9,8 millions d’habitants en 2001 soit une densité moyenne de 48 habitants au km2. Plus de 25% de la population est concentrée dans la région de Dakar. L’autre pôle de concentration est le centre du pays (le bassin arachidier) avec plus de 35 % de la population. L’Est du pays est très faiblement peuplé.

Le Sénégal compte une vingtaine d’ethnies dont les principales sont les wolof (43 %), les Pulaar (24 %), et les séréres (15 %).

Les étrangers représentent environ 2 % de la population. Ils sont surtout présents dans la capitale Dakar où on les rencontre dans le commerce, l’industrie, les services et les organismes internationaux. On les rencontre également au Nord et au Sud du pays, notamment les ressortissants des pays frontaliers.

LA COTE D’IVOIRE

La Côte d’Ivoire considérée comme un puzzle ethnique est constituée de quatre grands groupes culturels : Le groupe Mandé : Les Mandé du Nord (Malinké, Dioula) et les Mandé du Sud (Yacouba, Gouro…). Au centre-ouest et au sud-ouest se trouvent les Krou ou Magwé, la principale population de cet ensemble ethnique étant les Bété. Le groupe du Nord-est (Sénoufo, Lobi, Koulango…) A l’est, au centre et au sud-est, se trouvent les Akan qui sont les plus nombreux et que l’on divise en Akan du Centre (principalement Baoulé), en Akan Frontaliers (Agni, Abron…) et en Akan Lagunaires (Ebrié, Abouré, Adioukrou, Apolloniens…). A ces populations, il faut ajouter les ressortissants de la sous région Ouest Africaine (Burkina Faso, Mali, Sénégal, Guinée, Libéria, Ghana, Niger, Togo, Bénin, Nigeria, Mauritanie…) qui vivent en parfaite harmonie avec les autochtones. Religion Le peuple ivoirien est profondément religieux. Suivant le recensement de 1998, la religion musulmane constitue la religion dominante du pays avec 38,6% de pratiquants. Ils sont suivis des catholiques (19,4%), des personnes ayant déclaré n’avoir aucune religion (16,7%), des animistes (11,9%), et des protestants (6,6%). La forte proportion des musulmans en Côte d’Ivoire s’explique en partie par la forte immigration en provenance des pays de la CEDEAO et notamment des pays frontaliers du Nord et de l’Ouest (Burkina Faso, Mali et Guinée) qui sont fortement islamisés. Quelle que soit la religion pratiquée en Côte d’Ivoire, l’on constate l’excellence des relations entre les différentes communautés religieuses, lesquelles vivent en parfaite harmonie.

LE MALI

Terre de vieilles civilisations, le Mali tient son nom de celui de l’Empire de l’Ouest africain qui a le plus fasciné le monde par ses fabuleuses richesses en or, l’Empire du Mali, entre les 13e et 14e siècles.

Pays charnière entre les grandes étendues sahariennes du Nord et les plaines sahéliennes du sud, le Mali a dominé au moins pendant un millénaire l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.

Le Mali compte huit régions administratives portant chacune le nom de la ville qui en est le chef-lieu: Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Gao, Tombouctou et Kidal. Bamako la capitale, érigée en district, est une ville cosmopolite peuplée d’environ un million d’habitants. Elle est située à 1.230 km de Dakar, 1000 km de Conakry, 900 km d’Abidjan

Le Mali a été indépendant le 22 septembre 1960 ; d’abord socialiste ensuite système parti unique, le 26 mars 1991, les Maliens ont abordé une nouvelle phase de leur histoire. Ainsi une nouvelle Constitution est adoptée, c’est la Constitution du 12 Janvier 1992 promulguée le 25 février 1992. Elle indique en son article 25 huit (8) institutions de la République dont une Cour constitutionnelle et une Cour suprême.

La population était estimée, en 1999, à 10 006 000 habitants contre 7 700 000 habitants en 1987, dont environ 71 % de ruraux contre 78 % en 1987. Le taux moyen de croissance démographique est estimé à 2,39 % entre 1990 et 1999. Environ 3 millions de Maliens sont installés dans les pays limitrophes (Côte d’Ivoire principalement) et en France. La population est jeune et les moins de 15 ans représentent près de 50%.

La langue officielle est le français. Plusieurs langues nationales sont également utilisées dans l’enseignement et l’alphabétisation des adultes, telles que le bamanankan, le fulfuldé, le soninké, le sonrhaï, le bomu, le dogon, le minianka, le sénoufo, le maure, l’arabe, le tamasheq, le khasonké, le bozo.

Les Maliens qui sont un peuple profondément croyant et tolérant, pratiquent l’Islam, le Christianisme, le Protestantisme et l’Animisme. Toutefois les musulmans représentent la majorité (près de 80%).